Antigone
Examen régional n° 3

Texte 1:

ANTIGONE
Tu crois qu'on a mal pour mourir ?

LE GARDE
Je ne peux pas vous dire. Pendant la guerre, ceux qui étaient touchés au ventre, ils avaient mal. Moi, je n'ai jamais été blessé. Et, d'un sens, ça m'a nui pour l'avancement(1).

ANTIGONE
Comment vont-ils me faire mourir ?

LE GARDE
Je ne sais pas. Je crois que j'ai entendu dire que pour ne pas souiller(2) la ville de votre sang, ils allaient vous murer(3) dans un trou.

ANTIGONE
Vivante ?

LE GARDE
Oui, d'abord.

Un silence. Le garde se fait une chique(4). ANTIGONE
O tombeau ! O lit nuptial(5) ! O ma demeure souterraine ! [...]

1- Ça m'a nui pour l'avancement : cela m'a empêché d'avoir un poste ou un grade plus important.
2- Souiller : salir par le contact d'une chose impure.
3- Murer : Fermer définitivement par un mur.
4- Se faire une chique : mâcher du tabac.
5- Nuptial : qui se rapporte au mariage ou à la célébration du mariage.


Texte 2:

Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée. Eh ! Qu'est-ce donc cette agonie(1) de six semaines et ce râle(2) de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit(3) à l'échafaud ? Apparemment ce n'est pas là souffrir (...) Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante(4) au bord du panier et qu'elle ait crié au peuple ; Cela ne fait pas de mal ! Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne (...) Non, rien ! Moins qu'une minute, moins qu'une seconde, et la chose est faite. Se sont-ils jamais mis, seulement en pensée, à la place de celui qui est-là, au moment où le lourd tranchant(5) qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres... Mais quoi ! Une demi-seconde ! La douleur est escamotée(6)... Horreur !

1- Agonie : moment où quelqu'un qui va mourir lutte contre la mort ; moments, heures précédant la mort.
2- Un râle : bruit anormal de la respiration d'une personne en train de mourir.
3- Aboutit : ici, conduit.
4- Sanglant : couvert de sang.
5- Le tranchant : qui sert à couper ; côté mince et coupant d'un instrument.
6- La douleur est escamotée : ici, elle est effacée comme par magie ; on veut faire croire que la douleur n'existe plus.

Questions:

I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
A. CONTEXTUALISATION DES DEUX TEXTES
1. Recopiez le tableau suivant puis complétez-le : (1 pt) (0,5 x 4)
Textes Titre de l’œuvre Genre littéraire Auteur
Texte 1 Antigone Tragédie moderne Jean ANOUILH
Texte 2 Le Dernier Jour d'un Condamné Roman à thèse Victor HUGO

2. À partir des propositions suivantes, identifiez chacun des deux personnages ayant été condamné à mort pour avoir :(1 pt)
a. -commis un meurtre :
b. -violé la loi en enterrant son frère :
c. -commis un vol à main armée :
(Attention à la fausse proposition !)
a. -commis un meurtre : le narrateur (le personnage principal du texte 2).
b. -violé la loi en enterrant son frère : Antigone.

B. ANALYSE DES DEUX TEXTES
TEXTE 1 :
3. a) Dans la première question posée au garde, Antigone cherchait-elle à savoir :
si le garde avait obtenu son avancement, si elle allait souffrir en mourant ou si le garde avait été blessé au ventre pendant la guerre ? (0,5 pt)
Antigone cherchait à savoir si elle allait souffrir en mourant.
b) Pour répondre à Antigone, le garde a-t-il utilisé un niveau de langue courant, familier ou soutenu dans la partie soulignée de sa réplique ? (0,5 pt)
Un niveau de langue familier.

4. Montrez que le garde ne s'inquiétait pas du sort d'Antigone, en relevant :
a) dans la 2ème réplique du garde l'expression laissant comprendre qu'Antigone serait devenue une créature impure ; (0,5 pt)
« …pour ne pas souiller la ville ».
b) vers la fin du texte une action effectuée par le garde. (0,5 pt)
« Le garde se fait une chique ».

5. a) D'après votre lecture de l'œuvre, quel autre personnage allait être enterré en compagnie d'Antigone : sa nourrice, sa sœur Ismène ou son fiancé Hémon ? (0,5 pt)
Son fiancé Hémon.
b) Relevez, dans la dernière réplique, une expression qui laisse deviner cela. (0,5 pt)
« O lit nuptial ! »

TEXTE 2 :
6. a) En vous appuyant sur les éléments du texte, indiquez si cette proposition est vraie ou fausse :
« Le condamné allait être exécuté (tué) avec une arme à feu. » (0,5 pt)
Proposition fausse.
b) Justifiez votre réponse en relevant, dans le texte, un terme ou une expression nous informant sur la nature du moyen qui sera utilisé pour cette exécution. (0,5 pt)
Le lourd tranchant / l'échafaud / une tête coupée / La mécanique

7. a) À travers le passage souligné dans le texte : le narrateur félicite-t-il les inventeurs de cet instrument, le narrateur se moque-t-il des partisans (défenseurs) de cet instrument ou bien le narrateur fait-il un simple constat sur le bon fonctionnement de cet instrument ? (0,5 pt)
Le narrateur se moque des partisans (défenseurs) de cet instrument.
b) Indiquez alors si la tonalité de ce passage est laudative (consistant à féliciter), ironique ou neutre. (0,5 pt)
Tonalité ironique.

8. D'après les gens, l'utilisation de ce moyen-là rendrait l'idée de mourir moins douloureuse et l'exécution plus simplifiée.
Le narrateur était-il d'accord avec cet avis ? Relevez une métaphore ou une gradation (énumération) pour justifier votre réponse. (1 pt)
Non, le narrateur n'était pas de leur avis.
-La métaphore : «…cette échelle de torture qui aboutit à l'échafaud ».
-La gradation : «…le lourd tranchant qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres.»

C. RÉACTION PERSONNELLE
9. En comparant les deux textes, indiquez lequel des deux personnages montrait le plus son angoisse (une très grande peur) face au sort qu'il allait subir. Dites brièvement pourquoi. (1 pt)
Le personnage qui manifeste le plus son angoisse face au sort qu'il allait subir, c'est le narrateur du texte 2. En effet, le condamné à mort est dans une profonde détresse. Il a utilisé beaucoup de termes liés à l'idée de la souffrance : agonie, angoisse, torture et horreur.

10. À votre avis, doit-on torturer (faire souffrir) un condamné à mort avant de l'exécuter (le tuer) ? Justifiez votre point de vue par un argument personnel. (1 pt)
Punir un coupable ne veut pas dire le faire souffrir mais le priver de liberté. Dans le cas de la peine de mort, je pense que l’exécution doit être immédiate pour éviter cette longue attente qui se transforme en une torture physique et morale.





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